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Suite à l'épidémie de tuberculose et à l’abus de sorcelleries au cours de cette triste période, les Pénitents, une milice sans pitié qui se veut la main armée de Dieu, parcourent toujours les rues. La Reine a-t-elle perdu la tête ou le contrôle ?

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|| Fräulein Ameise ||
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MessageSujet: || Fräulein Ameise || Mer 4 Avr - 3:47


I. Fräulein Ameise.


• NOM : Von Ameisöfen. Se fait appeler Klein. Il faut croire qu’elle a un peu d’humour. Mais presque tout le monde a adopté son surnom : Fräulein Ameise.
• PRÉNOM : Theresa.
• NATIONALITÉ : Allemande.
• ÂGE : 28 ans.
• SEXE : Féminin.
• ÉTAT CIVIL : Célibataire, asexuelle mais peut-être pas complètement aromantique… Peut-être.
• MÉTIER : Institutrice et "assistante" d’un "inventeur".
• SITUATION FINANCIÈRE : Riche de naissance, mais modeste depuis sa fuite de l’Allemagne.
• OCCUPATIONS/PASSIONS : La mécanique, et un petit peu la sorcellerie, mais c’est un secret…
• GROUPE : Littérature.
• HISTOIRE D'ORIGINE : La Cigale et la Fourmi, Jean de La Fontaine.


II. LES DESCRIPTIONS.


CARACTÈRE


Travailleuse • Déterminée • Intelligente • Obstinée • Solitaire • Passionnée • Débrouillarde • Sévère • Autoritaire • Ambitieuse • Intransigeante • Hyperactive • Disciplinée • Froide • Indifférente • Sèche


La fourmi n’est pas prêteuse, c’est là son moindre défaut.

Que dire de Fräulein Ameise… C’est un cas compliqué que nous avons là, la décrire en seulement quelques mots n’est pas chose aisée. Elle possède ses passions et ses indifférences, ses obsessions et ses désintérêts… L’allemande est une jeune femme pleine de paradoxe, et peu sont capables de réellement la cerner.

Tout d’abord, il y a son nom. Ou plutôt ses noms. Theresa Klein au Royaume-Uni, et Theresa von Ameisöfen en Allemagne… Mais en réalité, aucunes de ces appellations-là ne sont utilisées par qui que ce soit aujourd’hui – ou presque. Pour une raison assez obscure, on l’appelle toujours Fräulein Ameise, même si beaucoup ne savent probablement pas ce que surnom signifie. Elle-même a fini par se dénommer ainsi. Il paraîtrait néanmoins que celui qui lui a trouvé ce pseudonyme est son premier employeur et premier soutien : Arthur Knightley. Comme certains auraient pu le deviner, les mots Fräulein Ameise viennent de l’allemand et veulent littéralement dire Mademoiselle Fourmi. Un pseudonyme qui a du sens en quelque sorte. Après tout, ce dont elle a en commun avec ces insectes n’est pas seulement sa petite taille, mais aussi sa capacité à fournir un travail acharné et inarrêtable, telle une ouvrière.

Fräulein Ameise est un bourreau de travail. Elle a toujours été infatigable et ne s’arrête jamais de réfléchir, d’améliorer ses machines, de courir dans les quatre coins de la ville pour trouver ses matériaux, ou de rester à éveiller à des heures impossibles la nuit tombée… Elle est le genre de femme que l’on doit forcer à se reposer et qui déteste rester inactive ! Beaucoup se demandent d’ailleurs où elle trouve toute son énergie à être toujours prête à la tâche. Et si son corps ne bouge pas, c’est son esprit qui ne cesse de carburer. Car oui, Fräulein Ameise, avant d’être professeur – ou même ancienne comtesse – a toujours été une inventrice. Passionnée de la mécanique et des nouvelles technologies, ses connaissances accumulées durant de longues années dans ces domaines ont aujourd’hui fait d’elle une ingénieure hors pair. Néanmoins, ne lui demandez pas trop comment elle a eu les trouvailles de ses inventions. Vous risqueriez de la perdre dans des explications sans fins et peu compréhensibles. Les pensées de Fräulein Ameise ont toujours été quelque peu chaotiques, et elle a tendance à enchaîner les associations d’idées qui ont l’air de n’avoir aucun lien logique entre elles (à l’exception d’un détail qui ne semble évident que pour elle)… Theresa est donc assez douée pour perdre ses interlocuteurs en passant du coq à l’âne ! Elle fait partie de ces gens un peu étranges qui ne sont compris que par eux-mêmes… Pour être honnête, en tant que professeur, elle est parfois médiocre. C’est tant bien que mal qu’elle essaie de rendre son discours compréhensible au reste de l’humanité. Et si elle y arrive la plupart du temps, réexpliquer quelque chose la met toujours en difficulté (en plus de l’exaspérer quelque peu). Être pédagogue n’a jamais été son fort, et en dehors de ses multiples connaissances, un de ses seuls avantages en tant qu’institutrice est son autorité. Ferme, sévère et quelque peu effrayante, Fräulein Ameise impose le respect à ses élèves. Néanmoins, il est clair qu’elle devrait être un peu plus conciliante concernant les progrès de ces-derniers, et non les mépriser lorsqu’ils font des erreurs…

En réalité, l’inventrice a sans cesse besoin d’être occupée, par n’importe quel moyen. Et elle a du mal à comprendre que les autres n’aient pas la même vivacité qu’elle. Sans être totalement égoïste, elle n’est pour ainsi dire pas très douée avec l’empathie et la communication. Les larmes et les plaintes des autres ne lui font souvent ni chaud ni froid, et elle est encore moins du genre à donner des paroles d’encouragement… L’allemande a l’impression que tout le monde a les capacités de s’acharner comme elle le fait. Ceux qui ne font pas preuve d’efforts et de travail sont d’ailleurs à ses yeux des incapables, des nuisances dont l’univers pourrait bien se passer. Encore plus que les insectes, ceux qu’elle hait par-dessus tout sont les paresseux qui profitent de ce que les travailleurs comme elle leur fournissent. De même que pour elle, la fatalité n’existe pas. Elle ne croit ni à la malchance, ni au cruel destin. A ses yeux, tout le monde est capable de se dépêtrer de ses malheurs, et ceux qui se lamentent sur leur sort l’exaspèrent. « On récolte ce que l’on sème » est une de ses devises favorites. Fräulein Ameise est ainsi, intransigeante envers les autres, mais tout autant envers elle-même. Ses élèves la craignent un peu pour sa sévérité et ses jugements fatidiques. Néanmoins, l’institutrice n’est pas de nature colérique. Et si elle n’hésite pas à dire ses commentaires impitoyables, elle n’est pas du genre à infliger des punitions. Généralement, ses mots rigides et trop honnêtes suffisent. D’ailleurs, beaucoup pensent que Theresa a le sang chaud à cause de son expression froide, son hyperactivité et ses sermons. Mais au contraire, l’inventrice s’énerve plutôt rarement. Il lui arrive d’être exaspérée, embêtée, ennuyée, mais pas réellement courroucée. Elle est même une personne relativement placide, et se complait souvent dans l’indifférence ou le mépris. Mais pas la colère.

BIENTÔT LAAAAA


PHYSIQUE


Minuscule. C’est sûrement le premier mot qui vient à l’esprit quand on évoque l’apparence de cette petite femme. Oh oui, petite, Fräulein Ameise l’est. Les hommes et les femmes surplombent généralement son petit mètre quarante sans aucun souci, la dépassant parfois d’une bonne tête. Pourtant, cela ne veut pas du tout dire qu’elle ressemble à une enfant. C’est même tout le contraire, étrangement. D’une certaine façon, elle a l’air même plus vieille et mature que son véritable âge… Sans doute est-ce dû à sa tenue stricte et parfaitement cintrée, son air aigri et son expression intransigeante. Toute son allure rappelle la discipline d’une institutrice. Et c’est une image à laquelle la demoiselle tient énormément. Quand bien même les adolescents dont elle s’occupe seraient parfois plus grands qu’elle, elle les domine par son aura de sévérité. Et ce n’est d’ailleurs pas seulement le cas avec les enfants. Peu de gens osent manquer de respect à Fräulein Ameise, au risque d’en garder un goût amer en travers de la gorge.
C’est pourquoi Theresa n’a jamais été complexée par sa hauteur. Ou presque. Disons que parfois, elle aimerait gagner quelques centimètres afin de ne pas être obligée de monter sur un escabeau pour atteindre certains livres de sa bibliothèque. Mais ce n’est là qu’un aspect pratique, rien de plus.

Ce qui caractérise aussi la demoiselle fourmi, ce sont ses yeux. Leur couleur, d’un bleu royal qui tire légèrement sur le violet selon l’éclairage, est une de ses particularités les plus fascinantes ! Si seulement son atroce myopie ne les cachait pas derrière les épais verres de ses lunettes rondes… Mais Theresa ne peut se passer de ces-dernières au risque de ne plus voir à plus d’un mètre et d’avoir des maux de tête affreux. Une journée sans ses lunettes est pour elle tout simplement impensable.

En dehors de ces points, l’apparence de l’allemande est plutôt banale. Bien proportionnée malgré sa petitesse, son visage n’est pas particulièrement laid comme il n’est pas particulièrement beau – en dehors de ses yeux. Ses cheveux bruns sont aussi très longs et forment d’amples boucles une fois détachés. Mais l’institutrice les porte presque toujours en un chignon tellement serré que peu de gens connaissent ces particularités.

Quant à son style vestimentaire, Theresa s’habille plutôt de manière sobre et pratique, avec des vêtement toujours parfaitement repassés et ajustés toutefois. Mais à vrai dire, son style vestimentaire est plus par contrainte que par goût. Après tout, son salaire actuel est modeste, et ses activités ne conviennent pas vraiment aux robes en soie. Néanmoins, si elle en avait les moyens et l’occasion, elle porterait beaucoup plus de tenues élégantes et de bijoux. Elle a d’ailleurs emporté avec elle dans ses affaires d’Allemagne quelques colliers et boucles d’oreille qu’elle aime particulièrement. Si à la base, elle les avait emmenés pour les vendre en cas de problème, cette idée la répugne quelque peu… Etonnement, Fräulein Ameise est plutôt féminine et raffinée concernant ses goûts. Sûrement un reste de son éducation d’aristocrate. Cela se ressent aussi un peu dans son attitude. Son maintien très droit, ses manières très distinguées à table, son espèce de grâce naturelle… Si maintenant elle s’est habituée à vivre dans un milieu modeste, il faut avouer qu’elle dénotait beaucoup plus à son arrivée en Angleterre…
Bien qu’elle dénote toujours aujourd’hui, mais cela d’une tout autre manière !


III. L'HISTOIRE.


Alors qu’elle avait travaillé pendant tout l’été,
Dame fourmi vit soudain un être vile voulant lui voler
Tous ses efforts et son labeur jusque-là menés.
Or, cette maudite cigale oisive n’avait rien mérité.
L’ouvrière eut donc bien vite fait de la chasser,
Laissant la cigale mourir seule et affamée…



***

- Veux-tu m’épouser ?

La jeune fille ne daigna même pas tourner la tête vers son prétendant, continuant de tracer avec précisions les lignes fines d’un plan complexe. Elle resta même totalement silencieuse, sa concentration totalement absorbée par son nouveau projet. A se demander si elle avait vraiment entendu son interlocuteur. Dans l’atelier secret de Theresa von Ameisöfen, on entendait que le bruit du crayon sur le papier. C’était un drôle d’endroit ; une petite pièce et remplie d’objets du sol jusqu’au plafond. On pouvait distinguer au milieu des plans de machines des dessins de pentagrammes et quelques vieux grimoires. On aurait dit le mélange du bureau d’un ingénieur et d’une sorcière. Très particulier donc. A se demander comment la jeune fille s’était procuré tout ce matériel sans que ses parents n’en sache rien… Theresa von Ameisöfen était certes une personne pleine de ressource, mais on avait forcément dû l’y aider… Mais aujourd’hui, il y avait quelque chose d’autant plus étrange. Etait-ce qu’une simple impression, ou la pièce était bien mieux rangée et vide que d’habitude ? Enfin, sûrement n’était-ce qu’une impression…

Se sentant de plus en plus mal à l’aise face à son absence de réponse, le jeune homme lissait nerveusement sa moustache rousse.

- Mmh… Theresa ?
- Qu’y a-t-il, Albert ?
- Je t’ai… demandé si tu voulais m’épouser.
- Ah oui… Je t’ai entendu.
- Et donc, ta réponse ?

La jeune fille soupira, puis leva enfin les yeux de son travail pour les poser sur le comte Roterbach qui lui souriait avec gêne. Ses yeux étaient impassibles, mais le grand roux devinait qu’elle était ennuyée. Bien sûr… Theresa n’aimait pas être interrompue dans son travail. Lorsqu’il lui avait rendue visite, c’était à peine si elle ne lui avait pas fermé la porte au nez… Cet endroit était censé être secret après tout, perdu dans les combles d’une habitation quelconque de la ville. Mais étant donné qu’ils se connaissaient depuis l’enfance et que l’on pouvait peut-être affirmés qu’ils partageaient une sorte de confiance, la comtesse von Ameisöfen s’était résolue à faire un effort et à ne pas le laisser seul sur le palier de sa porte.

- Pourquoi devrais-je te répondre alors que cette demande n’a rien de sérieux ? Je pense que tu aurais choisi un endroit plus romantique que mon atelier pour me faire une telle déclaration.
- Ah… Il semblerait que je sois percé à jour…

Albert eut un léger rire, tandis que Theresa se replongeait dans ses tracés, imperturbable. Elle était si rapide et précise que l’on aurait dit un automate. De temps en temps, elle remontait machinalement ses petites lunettes qui tombaient sur le bout de son nez, mais rien ne semblait pouvoir la déconcentrer de sa tâche. Toutefois, elle s’arrêta soudainement, alla à l’autre bout de la salle, gribouilla quelque chose sur les bords d’une page d’un grimoire, avant de faire les cent pas et enfin retourner sur ses plans. Pendant ce temps, le comte crut à nouveau que l’ingénieure l’avait oublié, mais elle se mit soudain à grommeler entre ses dents :

- Evidemment. Et tu savais que je refuserai. Ce sont mes vénérables parents qui t’ont encouragé à me demander en mariage, n’est-ce pas ? J’en ai assez de leurs stratagèmes… Et j’ai une sainte horreur des opéras.

Certains pourraient se demander en quoi les opéras avaient un lien avec la conversation. Seule Theresa semblait le savoir, mais elle ne comptait pas l’expliquer à son interlocuteur. Elle poussa néanmoins un nouveau soupir exaspéré. Monsieur et madame Von Ameisöfen étaient décidément souci. Depuis qu’elle était enfant, ils n’avaient cessé de la restreindre dans ses études. Ce n’était pas qu’on ne lui avait donné aucune éducation. Fille aînée de la prestigieuse maison Ameisöfen oblige, on s’était même démenée à ce qu’elle apprenne la poésie, la danse, la broderie, et d’autres choses ennuyantes… Alors que les choses réellement intéressantes, comme la mécanique, on les mettait aux oubliettes ! Enfin, cela n’empêcha pas la petite comtesse de s’y plonger, la fillette s’étant trouvé une passion incontrôlable pour ce domaine depuis sa plus tendre enfance ! Elle volait donc les livres de son père qui traitaient du sujet, consacrait son temps à les étudier en négligeant ses cours plus traditionnels, espionnait les conversations avec les inventeurs que son paternel mécénait, fabriquait ses premières machines par ses propres moyens, trouvant ses matériaux en dépensant en secret l’argent de la maison ou encore en démontant le mobilier… Theresa était totalement obstinée lorsqu’il s’agissait de technologie, au grand damne de ses géniteurs qui souhaitaient faire d’elle une dame exemplaire, et non une disgracieuse inventrice mécanicienne ! De plus, le fait que la petite détruise les meubles et les outils du manoir pour tenter de construire quelques machines approximatives rendait le tout encore plus problématique. Mais ce que ses parents ignoraient, c’est qu’elle avait développé ses compétences depuis, et qu’elle touchait désormais à un domaine encore plus dangereux aujourd’hui : la sorcellerie.

Albert Roterbach était le seul à avoir été mis dans la confidence. Il s’était inquiété pour elle, avait tenté de l’en dissuader, mais comme toujours Theresa était une personne totalement obstinée. En bon confident, il n’avait pas osé trahir sa confiance. De plus, il avait peur de la mettre en danger en la dénonçant. Il fallait aussi avouer que la comtesse était persuasive. Elle affirmait avec une telle certitude que ses travaux n’avaient aucun risque qu’il avait fini par la croire… Mais il se demandait parfois s’il avait raison de la laisser si facilement faire…

- Que veux-tu, tes parents s’inquiètent. Depuis que tu as ton atelier secret, tu t’y enfermes sans cesse et ils se demandent où donc tu passes tes journées ! Ils craignent aussi que tu finisses vieille fille… plaisanta-t-il à moitié en affichant un sourire taquin.
- Je finirai vieille fille, affirma alors fermement Theresa.

Le sourire d’Albert s’effaça aussitôt. Il observa pendant un moment la comtesse, ébahi devant le naturel avec lequel la jeune fille avait fait cette déclaration, sans aucune hésitation, ni honte, ni crainte. Cette optique n’avait pas l’air d’inquiéter Theresa outre mesure… Et pourtant, quel genre de personne – de femme – rêverait du célibat éternel ? Et puis, même si elle était étrange, Theresa représentait un bon parti. Elle était de haut rang, et restait une dame élégante malgré ses passe-temps particuliers… Elle n’aurait sans doute pas tellement de difficulté à se trouver un mari !

- Que racontes-tu ? Tu es encore jeune, tu as le temps de trouver quelqu’un qui t’aimer-…
- Il ne s’agit pas d’une question d’aimer ou non. Je n’aurai simplement jamais le temps de fonder une famille. Et je n’en ai absolument aucune envie.

Le comte soupira. Décidemment, il avait du mal à comprendre cette demoiselle. Même s’ils se côtoyaient depuis l’enfance, Theresa restait un total mystère à ses yeux, et aux yeux de beaucoup d’autres sûrement…

- Tes pauvres parents ne sont pas gâtés… Entre toi qui refuses de te marier, et ton frère qui ne fait rien d’autres que de pavaner et dépenser sans compter… Ton père a de quoi s’inquiéter.
- Ne parle pas de mon frère.

Le ton sur lequel l’inventrice avait prononcé ces mots n’était nullement agressif. Mais il était ferme, autoritaire, définitif. Les relations avec sa fratrie étaient plutôt complexes… Theresa s’était à nouveau levée pour chercher un livre dans sa bibliothèque. Albert l’observa en déglutissant. Lorsque Theresa donnait un ordre, on obéissait au doigt et à l’œil.

- Mh… Pardonne-moi. J’avais oublié que tu le détestais.
- Ce n’est pas que je le déteste… Mais j’ai dit que nous ne parlerons pas de lui. D’ailleurs, parlons d’un autre sujet que de ma famille. Je me dispute bien assez avec eux, je n’ai nul besoin de les évoquer davantage…

Le silence qui s’en suivit fut tout d’un coup de plus en plus gênant… Du moins pour le comte Roterbach qui n’arrêtait pas de lisser sa moustache rousse. Après un raclement de gorge, il finit par maladroitement demander :

- Hum… Theresa… Cela fait un moment que cette question me taraude l’esprit. Mais est-ce ce Sir Knightley qui t’aide à mener… eh bien… toutes ces recherches ?

L’allemande s’arrêta soudainement au beau milieu de sa lecture. Pendant quelques secondes, ses yeux s’étaient figés, avant de reprendre leur course effrénée sur le grimoire qu’elle tenait comme si de rien n’était. Enchantements et reliques occultes. Voilà qui était bien rassurant…

- Quel perspicacité ! finit-elle par lâcher toujours sans lui jeter le moindre regard.

Au ton de sa voix, Albert n’arrivait pas à savoir si elle était cynique ou non… Mais il sentait qu’il venait de toucher un point sensible. Sûrement peu de personnes étaient capable de le remarquer, mais les épaules de Theresa s’étaient imperceptiblement tendues.
Sir Arthur Knightley… Le comte n’arrêtait pas d’en entendre parler. Il était ce propriétaire d’une entreprise de bateaux de Londres. Monsieur et madame Von Ameisöfen n’arrêtaient pas de se plaindre de lui, comme quoi il aurait une mauvaise influence sur leur fille. D’après ce que le grand roux en avait compris, cet homme avait rencontré Theresa lors d’un opéra il y a quelques années, et ils étaient devenus amis presque instantanément. Fait étrange pour une personne aussi asociale que Theresa von Ameisöfen… Depuis, la jeune fille lui racontait parfois leurs échanges épistolaires, et elle avait toujours l’air étonnement reconnaissante envers cet homme. Apparemment, Sir Knightley était une des rares personnes à encourager la comtesse dans sa passion pour la mécanique…

Mais les pensées du comte Roterbach furent brusquement interrompues par la voix sèche de Theresa…

- Si tu n’as rien d’autre à me demander, tu peux partir. Tu me déranges, Albert.

Ces mots sonnaient plus comme un ordre qu’une proposition, et avant qu’il n’eût le temps de le réaliser, le jeune homme et sa moustache rousse étaient déjà dehors sous cette fine pluie de printemps. Il observa la porte avec un air perplexe, semi-curieux et semi-inquiet. Il savait que c’était inutile d’essayer de convaincre la comtesse de lui rouvrir… Alors il tourna les talons et se contenter de s’interroger sur son chemin du retour :

- Que me caches-tu encore, Theresa ?...


***

« Cher père, chère mère,

Je m’en vais.
Ou je fuis, si vous préférez… De mon point de vue, il ne s’agit pas d’une fuite, mais je sais que ce le sera du vôtre. Néanmoins, ne vous fatiguez pas… Vous n’avez nul besoin de partir à ma recherche. Quand bien même je n’aie aucun doute que vous serez capable de me retrouver, cela ne provoquerait que des désagréments inutiles. Nous savons tous que je suis une fille obstinée, et je ferai de toute façon ce dont j’ai envie, peu importe que vous soyez là ou non. Néanmoins, je préfère vous dispenser de mes « excentricités ». Notre cohabitation ne serait que plus pénible, pour vous comme pour moi. C’est pour cette raison que j’ai décidé de partir. Vous et moi serons toujours en désaccord.

Je pense que vous vous doutez de ma destination. Ne m’y cherchez pas. Je vous contacterai en cas de besoin. De même qu’en cas d’extrême urgence, vous pourrez m’y envoyer une lettre également.

Père… »


La plume de Theresa arrêta de s’agiter sur le papier. Qu’allait-elle écrire, déjà ? Elle ne savait plus. Ou non, c’était plutôt l’inverse. Elle avait tant de chose à lui faire communiquer qu’elle ne savait pas par où commencer.
Vous m’exaspérez ? Votre esprit étriqué m’a causé bien des maux, mais merci de m’avoir laissé accéder à votre bibliothèque durant toute mon enfance ? J’aurais aimé que vous me compreniez ? Je sais que c’est vous qui avez mangé les gâteaux destinés à ma tante la nuit dernière ? Pourquoi n’avez-vous jamais interdit à mon frère de pratiquer le violon ? Je suis désolé de vous décevoir ?

Theresa remonta machinalement ses lunettes.

Trouver les bonnes formulations n’avait jamais été son fort. Ou non, encore une fois, ce n’était pas exactement le problème… Savoir ce qui était important de dire, voilà qui était plus exact. Elle se perdait souvent en détails futiles ou, au contraire, se concentrait trop sur les choses pragmatiques… Et pour ce qui concernait l’aspect émotionnel, elle n’arrêtait pas de manquer l’essentiel…
Nerveusement, la jeune fille relut plusieurs fois ses précédentes phrases pour essayer de se trouver de l’inspiration. Maintenant qu’elle y réfléchissait, n’avait-elle pas été un peu froide dans ses mots ? Sûrement. Ses proches le lui reprochaient souvent… Elle aurait aimé être un peu plus… eh bien… chaleureuse. Mais ce n’était tout simplement pas dans sa nature.

Ses lunettes retombaient sur son nez.

Agacée de rester coincée sur sa prochaine phrase depuis plusieurs minutes, la jeune fille s’était levée de sa chaise et faisait les cent pas autour de son bureau. Quand elle se rassit enfin, elle n’avait toujours rien trouvé.

Le pendule de sa chambre martelait fatidiquement les secondes, emplissant la salle d’un étrange écho métallique qui la mettait de plus en plus à cran.
Tic. Tac.
Tic. Tac.
Tic. Tac.

Le temps pressait.

« Père, j’ai pris dans votre coffre-fort une partie de l’héritage de mon frère pour mon voyage. Je sais que vous me pardonnerez ce vol.

Adieu.

Votre ancienne fille, Theresa »


L’inventrice poussa un long soupir. Enfin, c’était terminé… Adieu père et mère. Adieu maudit frère. Adieu Maison Ameisöfen. Adieu-… Non, ça n’allait pas. Quelque chose clochait.
Elle devait se sentir soulagée, alors pourquoi ? Pourquoi son cœur était serré ? Quel était la raison de son mal ? Confuse, ses yeux papillonnaient derrière ses lunettes… Son humeur n’était pas censée être triste. Quelque chose allait lui manquer, sans qu’elle ne trouve exactement quoi.

- Albert ? se demanda-t-elle avec un air songeur.

Elle ne lui avait pas dit qu’elle s’en allait. Elle repensa au grand roux et à son sourire maladroit. Le pauvre allait sûrement se sentir seul sans elle. Alors, comme pour se faire pardonner, elle ajouta rapidement au bas de sa lettre :

« PS : Dites au comte Roterbach que même si je refuse sa demande en mariage, j’apprécie sa nouvelle moustache. »

Mais c’était toujours aussi insatisfaisant.


***

Revisite
Mais ce que la fourmi ignorait, en réalité,
C’est qu’on lui avait déjà tout dérobé.
Sous ses yeux, alors qu’elle pensait avoir été aidée,
Sa mère la Reine l’avait sournoisement escroquée.



***

L’année de ses 20 ans, la comtesse Theresa von Ameisöfen disparut d’Allemagne. Pourtant, aucune recherche ne fut déployée, et toutes sortes de rumeurs se mirent à circuler. Fille déshéritée ou fuite avec un amant inconnu, la noblesse allemande propageaient des ragots à cœur joie. Mais peu étaient au courant de la réalité. La comtesse était devenue tel un personnage de conte dont on racontait mille versions, jusqu’à ce que la lassitude dissipe toutes ces histoires et les fit tomber dans l’oubli.

Pendant ce temps sur les berges de la Grande-Bretagne, l’institutrice Theresa Klein débarquait dans la ville de Londres. Petite allemande immigrée qui avait obtenu un emploi chez les Knightley, sa venue ne fit que peu de bruit. Ses premiers jours en Angleterre ne furent néanmoins pas des plus faciles. Son accent allemand très marqué, elle avait parfois du mal à se faire comprendre de ses nouveaux voisins. Sans compter que la nouvelle venue avait parfois l’air d’une empotée. Elle ne savait même pas comment faire une lessive – bien qu’elle l’apprît rapidement – et quand elle cuisinait, une fumée âcre faisait empester tout le voisinage ! Et pour couronner le tout, on la disait aussi froide qu’un iceberg ! Heureusement, la jeune fille ne semblait que peu présente dans son appartement. Elle ne faisait souvent qu’y passer la nuit à la lueur de sa chandelle qui s’éteignait toujours bien après minuit. Pendant la journée, nul ne savait exactement ce qu’elle faisait. Beaucoup la voyait se lever très tôt le matin pour aller enseigner aux enfants Knightley ou d’autres de la haute bourgeoisie. Il était d’ailleurs étonnant de savoir qu’une femme vivant dans un si petit logis côtoyait des personnes aussi riches. Mais la demeure où elle passait définitivement le plus de temps était celle des Knightley…


***

Arthur Knightley était une de ces rares personnes que l’on appelle self made man, un entrepreneur parti de presque rien et qui avait fini par accumuler une fortune grâce à ses bateaux construits au fil du temps. Quand il avait rencontré Theresa lors de l’un de ses voyages, peut-être qu’il s’était reconnu en elle, dans sa manière de penser totalement obstinée et passionnée… Et aujourd’hui, il était plus qu’heureux de l’avoir auprès de lui en Angleterre. L’anglais n’était pas dupe. Même si elle était une femme, Theresa avait un talent qu’il comptait bien mettre à profit sur le long terme. Alors, quand il lui avait fait miroiter l’idée qu’il pourrait lui fournir tous les matériaux dont elle aurait besoin si elle venait s’installer à Londres, sir Knightley n’avait aucun doute qu’elle partirait aussitôt le rejoindre. A son arrivée, il lui proposa quelques projets pour améliorer ses connaissances de la mécanique, notamment de l’aider à travailler sur de nouveaux moteurs à vapeur pour ses bateaux. Comme attendu d’elle, l’inventrice faisait des merveilles, optimisant les performances des nouveaux navires et les rendant même plus bons marchés. Pourtant, elle n’était sûrement pas autant rémunérée qu’elle aurait dû l’être… Si ça avait été le cas, Fräulein Ameise aurait depuis longtemps abandonné son métier d’institutrice. D’autant plus que son nom n’était mentionné nulle part dans la fabrication de ces moteurs. Sur le chantier naval, Sir Knightley présentait Theresa comme une assistante qui transmettait ses ordres, rien de plus. Mais à vrai dire, cela importait peu à la jeune femme. Ce qu’elle souhaitait le plus était de pouvoir créer et continuer ses recherches, et c’était ce qu’Arthur Knightley lui permettait de faire. Il n’empêchait que presque personne ne connaissait sa contribution dans les affaires de l’industrie, pas même le reste de la famille Knightley elle-même.

La première fois que Theresa avait rencontré ces-derniers, elle était donc venue en tant que professeur particulier dans le simple but d’enseigner. Ainsi, elle fit la connaissance de Mrs Bethany Knightley et ses trois fils et fille : Connor, Victoria, mais surtout David. David, le dernier fils malchanceux. David, le mélancolique et parfois l’agressif. David qui ne pouvait plus marcher. David l’amputé.

Pitié. Il était rare pour Theresa d’en éprouver… Pourtant, en voyant ce garçon si jeune privé de ses deux jambes, son cœur s’était fendu en deux. Elle ignorait la raison de son handicap, néanmoins, à ses yeux, David était devenu un enfant particulier, privilégier. Malgré son humeur parfois lunatique, elle s’était attachée à lui, était moins sévère et ressentait presque un amour maternel pour cet enfant. De plus, malgré les apparences, il était curieux, une qualité qu’elle a toujours apprécié à sa juste valeur. Elle voulait faire ce qu’elle pouvait pour l’aider… L’ancienne comtesse apprit plus tard que David avait été victime d’un accident, qu’une chute du haut d’un simple arbre lui avait broyé les jambes. Les plaies s’étant infectés, les médecins s’étaient trouvés dans l’obligation de l’amputer. Le garçon avait eu de la chance de survivre et de n’avoir aucune séquelle intellectuelle, mais depuis sa vie avait changé de manière irréversible.
Mais l’inventrice refusait cette fatalité. Elle eut soudain la conviction qu’elle pouvait faire quelque chose, qu’elle était capable de créer un miracle. Lors de ses courts sommeils, elle se rêvait avec l’apparence du messie et dire au jeune garçon « Lève-toi et marche ».

Durant son temps libre, Theresa passait son temps à dessiner des modèles de prothèses toujours de plus en plus complexes et modernes. Mais la mécanique seule ne suffisait pas. L’ingénieure savait qu’elle ne serait jamais satisfaite du résultat si elle n’utilisait que ses connaissances sur la technologie. Ces fausses jambes ne pourraient jamais se plier parfaitement à la volonté de David.
La solution, elle la connaissait. Elle savait que la réponse qu’elle cherchait se trouvait dans les grimoires. Depuis peu, elle avait pris bien des choses dans ces anciens ouvrages… Après tout, ce n’est qu’avec la magie que l’on peut créer un miracle. La mécanique, elle, ne faisait que créer des tours de passe-passe extrêmement convaincants, mais des tours de passe-passe tout de même. Seules, ces deux domaines avaient tous les deux leurs limites ; la sorcellerie se reposant trop sur des forces indépendantes de l’Homme, et la technologie se confrontant aux barrières du réelles. Mais Fräulein Ameise était certaine que les deux ensembles n’étaient pas incompatibles. Depuis un moment, elle avait rêvé d’un tel projet, de pouvoir créer quelque chose à partir de la science et de la sorcellerie. Cette occasion était beaucoup trop belle pour elle. Bien sûr, l’ingénieure savait qu’elle s’aventurait là dans des pratiques interdites et occultes. Mais elle n’en avait cure. Theresa ne s’était jamais considérée comme une sorcière, mais bien comme une femme de science. C’était faire progresser l’humanité que d’avoir des ambitions semblables aux siennes, elle en était persuadée et elle ne voyait pas où était sa faute. La Reine du Royaume-Uni faisait erreur en voulant rejeter une telle source de possibilités. On ne pouvait pas ignorer si facilement la magie et ses bénéfices, quand bien même la technologie soit là pour la compenser. La mécanique était ce qui lui permettrait de façonner une machine, et la sorcellerie ce qui lui permettrait de faire le lien direct entre l’objet et son utilisateur. Tel un artefact lié à l’âme de celui qui s’en sert… Le but était de créer une prothèse qui obéirait à la volonté de son possesseur, comme si elle avait toujours faite partie de son corps. Maintenant, il restait à savoir ce qu’Arthur Knightley penserait de d’un tel projet…

Le bourgeois se montra d’abord frileux devant une telle proposition. Après tout, c’était sans aucun doute quelque chose d’illégal. Mais il se laissa peu à peu convaincre au fil de l’argumentation obstinée de l’ancienne comtesse. Elle semblait avoir une flamme ardente dans le regard, une passion débordante d’espoir et de volonté qui ne laissait aucune place au doute ou à l’abandon. Ce qu’elle lui proposait lui semblait peut-être fou, mais c’était aussi ce qui lui plaisait chez cette demoiselle… Après tout, il ne tirerait sûrement aucun profit d’une telle entreprise, hormis la satisfaction d’avoir contribuer à une invention extraordinaire et au bonheur de son fils. Mais c’était là des bénéfices bien suffisants pour lui.





IV. DERRIÈRE L'ECRAN.

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Autres comptes : Nope ~
Comment avez-vous découvert le forum : J’y étais un TRES bref moment avant… Haha…
Comment trouvez-vous le forum : Trop. Beau. Je suis sans voix. **
Avatar du personnage : Dessin fait par moi °///° C’est la première fois que je dessine mon personnage ohlala…


FICHE PAR FALLEN SWALLOW




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The Cheshire Cat
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MessageSujet: Re: || Fräulein Ameise || Mer 4 Avr - 14:16
Bienvenue et courage pour ta fiche :)

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The Sparrow
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The Sparrow
MessageSujet: Re: || Fräulein Ameise || Jeu 5 Avr - 6:39
Bienvenue!
Bon courage pour la suite, j'adore déjà la fable dont ton personnage est tiré!

Chouette avatar également!
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Baron Samedi
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MessageSujet: Re: || Fräulein Ameise || Mar 17 Avr - 19:23
Salutations jeune bricoleuse germanique. Comment cela avance-t-il dites-moi ? Je vois un sacré potentiel derrière cette impressionnante fiche, t'en sors-tu pour la terminer ? Pas vraiment d'urgence, je venais simplement aux nouvelles. Il se trouve que j'ai moi-même dans un autre monde inventé un inventeur vaguement sorcier, j'ai donc hâte de pouvoir me plonger la tête la première dans la vie de cette chère Fräulein.

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MessageSujet: Re: || Fräulein Ameise ||
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|| Fräulein Ameise ||
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