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 Lilas, la future Madame Rose

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MessageSujet: Lilas, la future Madame Rose  Lun 22 Fév - 16:35



I. NOM ET PRENOM.

 

• PRÉNOM : Lilas
• NATIONALITÉ : Galloise
• ÂGE : 22 ans
• SEXE : Féminin
• ORIENTATION SEXUELLE : Asexuelle
• MÉTIER : Fleur
• SITUATION FINANCIÈRE : Endettée (en passe de rembourser sa dette)
• OCCUPATIONS/PASSIONS : Étudier, Lire, Jouer du violoncelle, Assister à des représentations théâtrales, Aller à l'opéra
• GROUPE : Civils


 
II. LES DESCRIPTIONS.


 CARACTÈRE

Ambitieuse • Curieuse • Dévouée • Lunatique • Paranoïaque • Rancunière • Soumise


Enfant, Lilas était un ange. Honnête, douce, souriante… Elle rêvait de ce Prince Charmant dont on parle tant dans les livres pour enfants. Un homme parfait, attentionné, prêt à risquer sa vie pour sauver sa dulcinée…

Mais tout comme sa mère, elle est tombée de haut lorsque, dans les bras d'un homme lambda, elle perdit de sa pureté, et de son innocence. Jamais, jamais elle n'aurait pu se douter qu'elle finirait souillée de la sorte. Mais elle sut rester optimiste. Contrairement à sa génitrice, les hommes passés sur son corps, en elle, ne l'ont pas engrossée par la même occasion.

Nostalgique, Lilas est souvent ramenée à quelques bribes de souvenirs miraculées. Sa mère jouant du piano, les domestiques lui apprenant les bases de l'art de la table… Cela dit, tous les souvenirs n'ont pas le même arrière-goût. Le souvenir de sa mère jouant du piano l'a détournée de cet instrument, tandis que le souvenir des domestiques dressant le table l'a poussée à se consacrer à cet art, prenant plaisir à gentiment reprendre les Bourgeons sur le placement des couverts.

Elle ne se souvient pas réellement de son apprentissage antérieur au Palais des Fleurs. Ainsi, les leçons que lui prodiguait sa mère, notamment pour l'écriture et la lecture, tombèrent dans l'oubli, mais le savoir demeure. Son appétit littéraire n'est donc pas en reste, ayant accès à de nombreux ouvrages. La demoiselle privilégie les récits d'aventure, et a toujours un livre sur les bonnes manières à son chevet.

Sur les conseils de Madame Rose, Lilas s'intéresse timidement à l'algèbre, pour pouvoir prendre la relève et gérer les affaires du Palais. Il s'agit là de l'une des seules sciences qui soient parvenues à chatouiller son intérêt.

Parmi ses ouvrages préférés figurent aussi les encyclopédies animalières illustrées, notamment depuis que l'une des Fleurs eut l'idée de la surnommer '' Roussette '' (Scyliorhinus Caniculus), en clin d'œil à certaines caractéristiques communes à Lilas et au plus petit requin du monde. Depuis que les autres Fleurs voient se tracer le destin de Lilas, beaucoup la voient comme une menace certaine, et sa hargne n'est que renforcée par le comportement de Myosotis. D'où le requin : aussi petit soit-il, ce type d'animal est toujours capable d'inspirer une certaine crainte.

Cette crainte, la future Madame Rose la ressent aussi, mais elle la dissimule mieux. Lilas tombe peu à peu dans la paranoïa, depuis qu'elle est promise à la succession de Madame Rose. Elle se protège de tous, sans exception. Si certaines Fleurs sont visiblement méprisantes et rancunières, d'autres cachent mieux leur jeu, et tentent de s'attirer les faveurs de la future Madame Rose, pour mieux la tromper par la suite.

Cela dit, la demoiselle a enfin compris que le monde du Palais tourne autour des apparences. Lorsque des clients sont présents, Lilas adopte un comportement exemplaire. Elle fait l'effort d'aller vers les autres Fleurs, privilégiant évidemment celles qui ne la tiennent pas responsable de tous leurs maux. Mais elle est prête à tout, en coulisses, pour arriver à ses fins et contre-carrer les plans de celles et ceux qui veulent lui nuire.

Lilas fait partie des Fleurs soumises, dans une certaine mesure. Soumise aux clients et à ses supérieurs, mais capable de tenir tête aux Fleurs, ainsi qu'à tout personnel lui étant inférieur. Lilas est attachée à la hiérarchie, et se plie aux exigences de ses supérieurs sans discuter, tout en s'attendant au même respect venant des domestiques, des Graines ou des Bourgeons.

La future Madame Rose, se voulant digne de sa fonction à venir, évite de pousser au conflit. D'humeur facilement changeante, elle peut être chaleureuse, enthousiaste et humble avec les Fleurs qui la soutiennent et l'apprécient, tout comme elle peut être détestable, rancunière et odieuse envers les Fleurs qui la dénigrent et la méprisent. Cela dit, si elle dépasse le stade du simple mépris, ou de l'hypocrisie poussée, ce n'est que pour mieux assurer son autorité par la suite.

Professionnelle, notre Fleur fait tous les efforts possibles pour plaire aux clients. Elle fait mine d'apprécier leur conversation, leurs activités, tout comme elle fait mine d'apprécier le thé, ou encore le sexe…

Car oui, Lilas déteste le thé. Elle ne saurait dire si le problème vient de ses papilles ou du breuvage lui-même, mais elle n'est capable de discerner que le goût de l'eau chaude.
Pour ce qui est du sexe, ce n'est pas du dégoût, mais avant tout une profonde indifférence devant la chose. Elle n'est ni attirée par l'acte, ni particulièrement satisfaite. Mais son métier implique, évidemment, qu'elle satisfasse le client, donc qu'elle simule, ce qu'elle fait avec une aisance assez déstabilisante, depuis quelques années maintenant.

Lilas est plus intéressée par les clients souhaitant simplement discuter avec elle. Surtout s'ils lui parlent littérature, arts, sciences… Cela dit, ces échanges restent rares et peu approfondis. Madame Rose pourrait voir d'un mauvais œil un apport conséquent de connaissances. Mais Lilas est toujours ravie d'apprendre de nouvelles choses.



Lilas n'est plus une enfant. Son Prince charmant, elle ne l'attend plus. Personne ne viendra la sauver, la tirer de l'emprise du Palais des Fleurs, de son emprise… à Lui. Et le veut-elle vraiment ? Dans ce milieu hostile, où les codes diffèrent de ceux du monde réel, ses notions de l'amour se voient complètement biaisées. Si l'on peut vraiment parler d'amour, plus que d'obsession.

Il n'existe aucune Fleur capable d'apprécier l'être immonde qu'est Lui. Pourtant, si Lilas ne l'apprécie pas plus qu'une autre, elle a fini par développer une sorte de fascination malsaine à son égard. Troublée par le personnage, elle le hait, mais a fini par l'ériger en fantasme.

Ses notions de l'amour, tout comme sa vision du sexe, sont complètement faussées. Lilas se voit sensibilisée au rapport de force, comme il peut y avoir entre Lui et les Fleurs. Plutôt que l'être, c'est ce qu'il représente qu'elle a érigé en fantasme.

Puisque les Fleurs lui ont tourné le dos, pour beaucoup, vu qu'elle est destinée à prendre la place de Madame Rose, cette position un peu délicate l'a poussée dans ses retranchements, et a donné naissance à cette étrange perception de Lui.

Elle ne cherche pas à l'intéresser, Lui, mais entretient la vision qu'elle en a, à travers ses activités au Palais. Elle se livre notamment aux plaisirs du Salon Noir, espérant retrouver ce genre de sensations extrêmes. En réalité, Lilas n'aime souvent l'acte charnel que de cette manière, même s'il est plus rare qu'elle soit choisie pour ce genre de services aujourd'hui. Toutefois, jamais vous ne l'entendrez avouer son plaisir à fréquenter le Salon Noir, bien qu'elle ne s'en plaigne pas davantage. Mais elle mettra en avant le pourcentage qu'elle touche en acceptant cette part de brutalité. Ainsi, ses dettes se remboursent plus vite, et plus tôt elle serait sortie de cet '' enfer '', pour enfin devenir Madame Rose.


 PHYSIQUE


C'est en poussant la porte du Salon Bleu que vous aurez le plus de chance de trouver Lilas. Assise au centre de la pièce, ses doigts fins glissent avec dextérité sur le bois de son instrument. Au violoncelle, elle se voit accompagnée par deux autres Fleurs : une violoniste, et une chanteuse. Le chant est mélancolique, tout comme les accords qui l'accompagnent. Mais les mesures s'enchaînent, et les demoiselles exécutent un véritable chef-d'œuvre pour leurs clients. Et vous en faites partie.

Lilas vous repère seulement une fois le morceau terminé, n'étant plus habitée par la musique. Elle relève ses yeux bleu Sarcelle, pour les poser sur vous, et vous vous contentez de lui indiquer une table à laquelle vous rejoindre. Détournant rapidement son regard, elle range son violoncelle et son archet, avant de vous honorer de sa compagnie. Vous la discernez enfin au mieux.

La demoiselle vous semble plutôt commune, bien qu'attirante, dans son genre. Disons que certaines Fleurs vous semblent bien plus belles, mais que d'autres, également, vous semblent bien plus laides. Lilas, elle, est un juste milieu, un bon compromis. Et puis, ne raconte-t-on pas, dans les couloirs, qu'elle serait l'héritière de Madame Rose ?

Elle s'approche de la table que vous occupez à présent, adoptant une démarche légère, presque aérienne. Du haut de son mètre 54, elle vous paraît petite, mais peut-être est-ce à votre goût. Sa taille, cela dit, ne semble pas la complexer, son corps étant relativement bien proportionné. Vous regrettez néanmoins la maigre taille de sa poitrine, que vous auriez souhaitée un peu plus opulente. Mais cet aspect lui donne un côté innocent qui ne vous repousse pas, bien au contraire.

À peine installée à côté de vous, un Bourgeon accourt pour vous amener du thé et des pâtisseries. Vous n'osez pas réellement vous approprier Lilas, l'observant à présent plus en détail. Vos mains se perdent alors dans sa chevelure rousse, atteignant timidement le milieu de son dos. Ses cheveux raides et fins glissent entre vos doigts, qui ne tentent pas plus que cela de les retenir. Et enfin, votre paume atteint ses joues, rosies par cette multitude de tâches de rousseur. Ses lèvres, rose Incarnadin, s'entrouvrent face à vous, comme pour vous autoriser à l'embrasser. Mais vous jugez que ce n'est ni le moment, ni l'endroit. Vous préféreriez que tout ceci se déroule à l'étage, dans l'une des chambres de passe.

Sans toucher aux gâteaux, ni au thé, vous enjoignez la demoiselle à vous guider vers ces pièces, hésitant. Elle vous gratifie d'un sourire réconfortant et charmeur, avant de vous saisir par le bras, et de vous mener vers la pièce demandée.

Devant vous, elle desserre le corsage de sa robe, avant de la laisser tomber délicatement sur le sol. Libérant ses pieds avec grâce, elle vous tourne encore le dos. Sa peau blafarde vous donne envie d'y mordre à pleines dents, tandis que son corps suscite en vous un instinct plus protecteur. La finesse de ses hanches lui donne un air frêle, et elle ne vous semble pas prête à enfanter de sitôt. Peut-être ne le pourra-t-elle jamais mais, après tout, n'est-ce pas une bénédiction, dans ce genre de métier ?

Son allure gracile ne correspondent pas aux standards du moment, mais vous ne pouvez vous empêcher d'y trouver votre bonheur. Les femmes plus en chair ont la côte, et les femmes de ce type ne les égalent peut-être en rien. Cela dit, l'objectif est atteint. Votre seule envie, à présent, est de vous perdre entre ses bras, et qu'elle s'abandonne entre les vôtres.


 
III. L'HISTOIRE.


 
Barbara est le fruit de la douleur et de la honte, des pleurs et de l'angoisse.

Barbara est un secret de famille. Sa mère, portant l'enfant en son ventre, fut dans l'incapacité et l'interdiction formelle de quitter sa chambre. Les autres membres de la famille, devant garder tête haute, prétextèrent un mal des plus violents et contagieux, afin de proscrire tout accès à cette pièce.

Barbara est l'enfant d'une traînée. Une traînée dont les parents ne connurent jamais l'amant. Une traînée souillée par un malfrat dont elle tût le nom, entachant sa réputation et celle de ses proches.





Barbara et sa mère quittèrent le domaine familial, une nuit d'automne, aidées par les domestiques les plus dévoués. Elles emmenèrent le strict nécessaire. Les premiers temps seraient rudes, la jeune femme en était parfaitement conscience. Mais il fallait à tout prix s'éloigner de cette demeure, habitat de son agresseur, et du père de Barbara.

Barbara avait alors cinq ans, lorsqu'elle perdit sa fortune. Ses premiers caprices furent les plus violents, mais rapidement, l'enfant se calma. Sa mère dut lui expliquer, maintes et maintes fois, qu'elles ne pouvaient se permettre te tenir le même niveau de vie.

Les deux demoiselles avaient quitté le Pays de Galle, pour se réfugier en plein Londres. Barbara passait ses journées à la maison, seule, jouant avec les quelques poupées qu'elle put emmener. Le soir, sa mère rentrait et s'efforçait d'éduquer sa fille. La lecture et l'écriture étaient là les seules choses qu'elle pouvait réellement lui transmettre.

De cette époque, Barbara retiendra surtout le propriétaire de leur logement : un certain Mr Law. Cet homme détestable passait à toute heure, quelques jours par mois, pour réclamer le loyer. Ses allers et venues étaient assez fréquents pour que Barbara finisse par reconnaître sa manière de frapper à la porte. Des coups d'une violence à laquelle elle fut rarement confrontée, qui la marqua assez pour craindre chaque visite de cet homme.

À croire qu'elle pressentit la suite des événements. Un soir, alors que sa mère était dehors, cherchant à récolter de quoi payer le loyer demandé, l'homme rendit visite à Barbara. Mais cette fois, il ne frappa pas. La première chose qu'il fit fut de purement et simplement défoncer la porte. Barbara n'essaya même pas de fuir, peu habituée à entretenir son instinct de survie. Elle était alors âgée de huit ans, et n'avait vécu que trois courtes années dans cet appartement.

L'homme n'eut aucune difficulté à soulever la petite. Il descendit avec l'enfant dans ses bras, puis la jeta dans une carriole sombre. La gamine se releva rapidement, s'adossant à la paroi la plus proche, tentant de reprendre ses esprits. Il faisait nuit noire, et elle avait peur. Peur de ne jamais retrouver sa mère, peur d'être fautive, peur de mourir. C'est alors qu'une petite voix s'éleva de l'autre côté de la carriole.


« Ne t'inquiète pas. Il ne nous fera pas de mal. S'il nous blesse, il ne pourra rien en tirer. »


Rien en tirer ? De quoi parlait-elle ? Barbara n'osa pas demander. Il lui fallait tout d'abord identifier de qui provenait cette voix faiblarde.

La lumière des éclairages publics laissaient par moment entrevoir l'intérieur de la carriole. Cependant, seules les jambes de l'interlocutrice étaient visibles. Il fallait lui demander son nom… au moins son nom…


« Suzanne », lança l'autre gamine. « Je m'appelle Suzanne, mais tu peux m'appeler Suzie. »


Elle semblait vouloir rassurer Barbara, donc elle n'était pas contre elle. Et au vu de la situation, elles feraient mieux de s'allier. L'homme ne semblait pas commode, et Suzanne avait l'air de savoir ce qu'il comptait faire d'elles.


« Barbara », murmura notre protagoniste.


Les présentations étaient à présent faites. Barbara se sentit soulagée d'avoir quelqu'un sur qui compter dans cette épreuve. Elle parvint enfin à s'asseoir, et à reprendre son calme. La peur n'avait pas disparu, mais elle devint soudain plus légère, plus supportable.





Après un mois aux services de cet homme exécrable, à récurer le moindre recoin de sa misérable chaumière, les demoiselles remontèrent dans la carriole. Cette fois, sans violence. Elles n'avaient plus d'échappatoire. Le voyage les mena un peu plus loin dans Londres, mais aucune des deux enfants ne put s'y retrouver.

À leur sortie, elles furent présentées à une femme imposante, aux cheveux sombres et à la robe soignée. La femme saisit Suzanne par les joues, l'obligeant à faire une moue grotesque. La bouche en avant, les lèvres entrouvertes… tout en fronçant les sourcils. Suzanne avait cet air colérique qu'elle arborait, chaque fois qu'un adulte s'adressait à elle.

La femme semblait observer ses dents, ses lèvres, ses yeux en priorité. Elle semblait… la jauger, comme pour acheter un bon morceau de viande, ou un bon destrier. Une fois le tour de Suzie terminé vint le tour de Barbara. La femme, sérieuse, exécuta le même examen, sans plus de ménagement. Elle ne prêta pas un regard au vendeur, observant timidement la scène, triturant son béret. Il semblait inquiet, inquiet que cette femme ne prenne pas les enfants.


« Bien. Allez-vous-en », dit-elle en lui jetant une bourse de cuir dans les mains. « Nous les prenons. »


L'homme, abasourdi, regarda un instant la bourse pleine de pièces. Visiblement, il n'était pas satisfait. Certainement pensait-il en tirer davantage. Cela dit, il ne s'éternisa pas, renfila son béret froissé et quitta les lieux. Barbara fut soulagée, soulagée de ne plus voir cet immonde déchet, soulagée de rester avec Suzie.

La femme les guida dans leur nouvelle demeure : le Palais des Fleurs. Elle les mena à leur chambre, puis leur expliqua rapidement le déroulement des choses. Ainsi, Barbara prendrait le nom de Lilas, et Suzie deviendrait Myosotis. Lilas travaillerait aux cuisines, tandis que Myosotis serait au ménage. Elles ne travailleraient donc pas ensembles. Toutefois, elles partageraient la même chambre.

Jusque leur dixième anniversaire, elles s'occupèrent respectivement de leurs tâches. Puis elles eurent un nouveau rôle : elles devinrent des Bourgeons. Elles se devaient donc d'aider les Fleurs en soirée, de leur servir de coursier ou de femme de chambre. Une dose de travail exorbitante, permettant aux gamines de découvrir ce que l'avenir pouvait leur réserver. Et ce fut loin d'être rassurant. Mais Suzie s'accrocha, tenant Barbara par la main.

À quatorze ans, Barbara se plia au rituel de l'éclosion, auquel doit se prêter chaque Fleur. Suzie, quant à elle, était passée l'année précédente, et avait gagné, depuis sept mois, le dortoir des Fleurs. Barbara s'était alors retrouvée avec un nouveau Bourgeon dans sa chambre.

Barbara ne fut pas parmi les plus demandées, mais elle finit par être troquée contre un somme d'argent acceptable. Cette nuit fut l'une des pires, de tout son séjour au Palais. Et celles qui s'en suivirent ne furent pas bien plus agréables.

Comme pour beaucoup de Fleurs, réticente à l'idée de céder sa pureté au premier homme venu, si tant est que cet homme soit prêt à y mettre le prix, la première fois de Barbara se déroula dans la crainte et la douleur. Tout ce qui resta dans la chambre après cette infamie n'était que tristesse : les draps ensanglantés, et Barbara, en position fœtale dans un coin de la sombre pièce. Ses yeux étaient encore rougis par les larmes, tout comme les quelques fois qui suivirent.

Puis bientôt, elle s'habitua à ce train-train quotidien. Les hommes allaient et venaient, finissant par laisser la demoiselle seule, dans une pièce encore humidifiée par la transpiration des deux corps. Cela dit, elle ne pleurait plus. L'air était chaud, et elle n'appréciait pas plus la chose que cela. Elle ne la détestait pas non plus…

À vrai dire, elle y était plutôt indifférente. Que ce soit des hommes fortunés, ou des ladies en pleine découverte de leur sexualité… qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes, de clients ou de Fleurs, Barbara ne ressentait rien.

Si elle n'était pas particulièrement touchée par cet aspect de la profession, Suzanne en souffrait bien plus. Barbara fit ce qu'elle put pour lui venir en aide, la soutenir, la voyant se rendre malade, se forcer à vomir à la fin de certaines journées, refusant parfois de s'alimenter sous prétexte d'économies, pour '' sortir de cet enfer le plus tôt possible ''. Barbara observait son amie se tuer à petit feu, jouer les rebelles et faire quelques séjours en chambre de confinement, et elle n'y pouvait rien.

Elle s'arrangea plusieurs fois pour revoir ses finances, payant par moment le médecin à Suzanne, sacrifiant quelques repas pour la santé de son amie, espérant stabiliser sa dette. Par quelques tours de passe-passe bien calculés, elle réussit à réduire de plus en plus sa dette, là où celle de Suzanne se creusait à outrance. Si Barbara tentait de l'aider, Suzanne oubliait rapidement ce qu'elle devait au Palais, plus dans l'idée de s'enfuir que de sortir par la grande porte, une fois ses dettes remboursées.





Barbara entra dans le salon rouge, où se trouvait Suzanne. Elles se postèrent toutes deux devant le buffet, souhaitant discuter tranquillement sans que les clients ne viennent trop les interrompre.


« Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? »

« Qui ça ? », demanda Barbara, jouant l'innocente.

« À ton avis… Madame Rose. »

« On en parle plus tard, tu veux ? »


Sur ces mots, Barbara rejoignit une table vide, une pâtisserie dans une main, une tasse de thé dans l'autre. Elle souhaitait être au calme, simplement. Ce n'était pas le moment de parler de tout ça. Mais ce n'était pas du tout de l'avis de Suzanne qui, après avoir vérifié que Madame Rose n'était pas dans les parages, s'approcha à nouveau, posant les mains sur la table.


« Elle t'a proposé un marché, c'est ça ? », murmura-t-elle.

« Arrête ça, Suzanne. On en parlera ce soir », répondit Barbara, sur le même ton.


Suzanne réfléchit un instant, avant de lever les yeux au ciel. Cette fois, les messes-basses n'étaient plus de rigueur.


« J'y crois pas… Cette maquerelle t'a proposé un marché… Je rêve ! Elle t'a proposé quoi ? D'éponger tes dettes ? En échange de quoi, hein ?! Attends… Est-ce qu'elle compte ajouter tes dettes aux miennes ? Pour me punir ? »

« … Arrête, bon dieu ! Tu deviens paranoïaque, là ! Et les clients vont t'entendre. Baisse d'un ton ! »

« Qu'est-ce que ça peut me faire, qu'ils m'entendent ?… Je connais ce regard, Barbara… Je connais ce… Elle t'a choisie, c'est ça ? »


Barbara fut saisie à la gorge. Son amie venait de comprendre. Certes, Madame Rose lui proposait de la former, pour qu'à l'avenir, elle puisse prendre sa place, mais Lilas n'avait pas encore accepté son offre. Tout en sentant cette boule bloquer sa trachée, elle détourna le regard, trahissant ses projets.


« Je rêve ! Je rapporte bien plus d'argent à cet endroit pouilleux que notre petite Barbara », hurla-t-elle en se tournant vers les autres Fleurs, ignorant complètement les clients. « Et voilà que Madame Rose la choisit pour lui succéder ? Et cette… cette gosse se contente d'accepter, comme si de rien n'était ? Après ce que ce monstre nous a fait subir, après les séjours en chambre d'isolement, après les repas sautés pour économiser ? De qui te moques-tu, Barbara ? De qui ?! »

« Il ne s'agit pas de ça, Suzanne… », souffla Barbara, excédée et désemparée.

Barbara ne savait plus où se mettre, jetant un regard gêné aux quelques clients qu'elle pouvait apercevoir. Et les Fleurs, abasourdies par cette scène, ne savaient pas plus qu'elle quoi répondre. Suzanne perdait la raison. La rage prenait le dessus, et Barbara ne pouvait que s'en vouloir. Jusqu'à ce que…


« Tout ça pour une fille de putain. C'était bien la peine que je me donne du mal, que je t'aide, que je me sacrifie pour toi. Si ton père n'avait pas eu l'idée saugrenue de sauter sa sœur, nous n'en serions pas là, Barbara ! »


Madame Rose, attirée par le bruit et le scandale, fit son apparition dans la pièce. Elle resta un instant à la porte, voyant que sa potentielle protégée avait des ennuis. Peut-être voulait-elle savoir si Barbara s'en sortirait seule.

Les talons de Madame Rose claquaient sur le parquet de la pièce, plongée dans un silence incomparable. Suzanne, quant à elle, souriait. Elle allait encore une fois finir en chambre d'isolement, peut-être pour un bon moment, cette fois. Mais elle était satisfaite. Satisfaite de son petit effet, satisfaite d'avoir montré à Madame Rose à quel point sa protégée était faible.

La maquerelle atteignit bientôt l'agitatrice, sans que personne n'osa bouger. Suzanne était fière d'elle, fière de sa réplique, fière de son attaque. Un coup porté en plein cœur, et votre ennemi est terrassé. À moins que vous ne l'ayez pas proprement exécuté. Auquel cas, c'est plus fort que l'adversaire se relève. Plus fort, et plus enragé que jamais.


« Une fille de putain à qui tu dois tout, Suzanne. Une fille de putain qui s'est donné corps et âme pour que tu gardes la tête hors de l'eau. Une fille de putain qui a sauté des centaines de repas pour te payer ton foutu médecin, alors que tu te laisses crever, que tu te rends malade après chaque partie de jambes en l'air avec un client… Et en échange, qu'ai-je reçu ? Un merci pitoyable, arraché à tes lèvres comme on arrache une dent. L'honneur de te voir, jour après jour, excédée, révoltée, punie, enfermée… Et te voir dépenser, surtout. Pour tout et pour rien, creusant ta dette comme peu d'entre nous, et criant sur tous les toits que tu souhaites sortir. Plus personne n'y croit, Myosotis. Plus personne n'y croit. »


Le sourire sur les lèvres de Suzanne disparut dès les premiers mots de Barbara. Elle n'avait pas pour habitude de voir sa cadette répondre à ses assauts. Mais cette fois, c'en était trop. Suzanne hésita une seconde, l'incompréhension et la surprise s'inscrivant sur son visage.


« … Myosotis ? », répéta-t-elle. « Barbara… »

« Barbara est ce que je ne suis plus. Il faudra te faire à cette idée. »


Elle n'eut nul besoin de crier, de hausser le ton, de s'époumoner. Le silence de la pièce suffisait à lui seul pour que toute âme qui vive l'entende distinctement. Madame Rose semblait touchée par ce comportement exemplaire. Toutefois, devant une telle démonstration, et ce face aux clients, elle ne put faire autrement que les condamner toutes deux à une sentence plus ou moins bien proportionnée. Pour avoir provoqué Lilas, Myosotis devait se plier à un mois dans l'une des chambres de confinement. Pour le principe, et pour avoir utilisé son prénom réel devant des clients, Lilas était condamnée à dix jours seulement, dans une chambre adjacente.

Barbara était à présent morte. Et dans son propre corps, un Bourgeon avait enfin fleuri, laissant place à une magnifique branche de Lilas, d'un blanc éclatant, robuste et plein de vie. À savoir si celui-ci se flétrira un jour, ou s'il résistera à l'été comme à l'hiver.

Cette branche de Lilas fut mise à l'épreuve dès sa sortie de chambre de confinement. Madame Rose, avant de la laisser sortir, hésita à choisir une nouvelle héritière. Si celle-ci fut capable de retenir son prénom, peut-être n'était-elle pas digne, alors, de lui succéder. L'année qui suivit effaça la douleur de l'apprentissage de Fleur qu'avait subi Lilas. Si elle avait pu souffrir auparavant, Madame Rose se devait de la punir, de la pousser à bout, afin de déterminer si oui ou non, elle tenait à prendre la relève.

Puis vint le moment de prendre une décision. Comme ultime épreuve, après plusieurs sévices et après l'avoir exploitée au possible, après l'avoir presque réduite en esclavage, Madame Rose promit une sortie à Lilas. Une sortie publique, à l'opéra, comme une récompense. Au cours de la soirée, Madame Rose compta les différents moyens de s'échapper. Chaque issue, cependant, débouchait sur un homme de main, mercenaire engagé par Madame Rose elle-même pour retenir la jeune femme, au cas où elle saisirait cette opportunité. Mais Lilas, tout au long de la soirée, resta absorbée par le spectacle, et les paroles de Madame Rose. Elles rentrèrent alors sans encombre, et Madame Rose en déduisit qu'enfin, Barbara était devenue Lilas. Elle la jugea alors digne de reprendre son apprentissage, et de lui succéder. Sa résistance aux fleurs magiques n'étaient, finalement, peut-être due qu'à l'intervention néfaste de Myosotis, toutes ces années. Et Lilas elle-même semblait avoir saisi que cette Fleur n'était qu'un frein à ses ambitions.


 
IIV. DERRIÈRE L'ECRAN.

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Dernière édition par Lilas le Sam 19 Mar - 15:02, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Lilas, la future Madame Rose  Lun 22 Fév - 17:17

Alors, il n'y a que deux points qui me gênent.
Les bourgeons et les graines n'ont pas les mêmes dortoirs, puisqu'ils n'ont pas les mêmes horaires de vie.
Ensuite si toutes les fleurs ou presque oublient leurs noms dans l'enfance, c'est en partie du aux fleurs magiques utilisés dans l'air de l'établissement qui étourdissent les sens et brouillent la mémoire. Il faut un temps d'adaptation et généralement, quand c'est fait, les graines ont totalement oubliés leur identité, ayant passés des semaines a se tuer a la tâche en étant constamment appelé par leur nouveau nom. Après comme l'histoire de Lilas repose beaucoup dessus, je veux bien qu'elle et Myosotis soient une exception puisque Lilas sait écrire, on peut dire qu'avec la paranoïa de Myosotis, elles ont pensé a l'écrire sur un papier, en plus du fait de l'utiliser tous les soirs pour vraiment ne pas l'oublier. Mais attention, normalement Madame Rose punie sévèrement ce genre d'attitude, donc utiliser vos noms en sa présence (et celle de témoins) dans la dernière scène me semble trop dangereux. Disons qu'avoir gardé son nom si longtemps est un signe de rébellion suffisant pour que finalement elle hésite a prendre Lilas comme apprentie. Donc si tu veux garder tout comme tel, j'aimerais que tu rajoutes un passage expliquant comment et a quel point Lilas aura alors du montrer patte blanche et a son tour convaincre Madame Rose qu'elle fait le bon choix.
Sinon hormis ça tout me va, c'est une adaptation très intéressante de Lilas ^^
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MessageSujet: Re: Lilas, la future Madame Rose  Lun 22 Fév - 17:37

Elle est enfin arrivée ! :Ih:

Re-bienvenue parmi nous avec ce beau personnage à l'histoire tragique ! Bon courage pour ta validation ♥
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MessageSujet: Re: Lilas, la future Madame Rose  Lun 22 Fév - 17:38

Je suis passée à côté des fleurs magiques, désolée. ><
Pour le coup, j'avais dans l'idée une sorte de rituel qu'elles ont mis en place, vu qu'elles sont venues ensemble, pour justement ne pas perdre de vue leur identité, donc de garder leurs prénoms, entre elles. Genre s'appeler par son prénom chaque nuit, le répéter, etc. Et comme tu dis, vu que beaucoup d'aspects reposent là-dessus, je préfère garder ça. ^^

Après, pour ce qui est de s'appeler par son prénom en public, crois bien que c'est la seule et unique fois qu'elles le font. Et c'est surtout parce qu'elles sont, l'une comme l'autre, complètement hors d'elle. Mais je rajoute de ce pas un passage expliquant que Lilas s'est rattrapée, par la suite. J'y réfléchis.

Et merci du compliment ! *w*




J'ai changé pour la Graine, petite erreur d'inattention.
Et j'ai ajouté deux paragraphes, en espérant que l'exemple de mise à l'épreuve que j'ai donné suffise.




Merci Wendy ! :wiii:
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Le masque de Lui
MessageSujet: Re: Lilas, la future Madame Rose  Lun 22 Fév - 17:49

C'est dit de façon très détourné dans la description, raison pour laquelle il n'y a pas de mal et que je me suis contenté d'expliquer les faits ^^
Quoi qu'il en soit la mise a l'épreuve me va, tu as ma bénédiction! Bon jeu! :)
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MessageSujet: Re: Lilas, la future Madame Rose  Lun 22 Fév - 17:49

Merci beaucoup !
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MessageSujet: Re: Lilas, la future Madame Rose  Lun 22 Fév - 17:55



Tu es validé !




Hello beau rameau fleuri !

Comme tes modifications semblent avoir satisfait le créateur du Palais, j'ai le plaisir de te valider !

Bon courage à cette petite dans son ascension, j'espère que son futur sera plus agréable à vivre que son passé !


Tu peux maintenant aller rp sur le forum ainsi que sur la chatbox (sans en abuser). N'oublie surtout pas d'aller tout de suite réserver ton avatar, afin d'être unique en ton genre. Nous nous occupons d'ajouter automatiquement sur la liste l'origine de ton personnage s'il est réincarnation.
Si tu n'as pas encore de partenaire(s) en vue, tu peux faire une recherche rp et/ou de liens. Ensuite, tu peux créer une fiche de lien pour gérer tous tes nouveaux copains. Puis, si besoin, tu peux demander un logement quand tu seras bien lancé(e). Tu as la possibilité t'inscrire sur la liste des métiers si tu es commerçant(e) ou médecin. Si tu fais parti d'un organisme particulier, comme par exemple Scotland Yard ou le Palais des Fleurs, tu y seras ajouté automatiquement.
Et enfin mais surtout, si tu as des suggestions ou des questions, n'hésite pas à contacter l'administration.

Amuse-toi bien !

Le staff ~



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MessageSujet: Re: Lilas, la future Madame Rose  Mar 23 Fév - 18:08

Quelle fiche intéressante *w* ! Re-bienvenue, et amuse-toi bien avec ta nouvelle persotte !
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MessageSujet: Re: Lilas, la future Madame Rose  Mar 23 Fév - 18:19

Merci, Canard !

Et je suis ravie d'avoir été une petite pause dans ta montagne de boulot. =p
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MessageSujet: Re: Lilas, la future Madame Rose  

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Lilas, la future Madame Rose

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